Allez tous aux banya !

Allez tous aux banya !
Élément incontournable de la culture russe, le banya existe depuis la nuit des temps. Il est difficile de dater  avec précision l’arrivée des bains dans la vie des slaves.
C’est aux X-XIIème siècles que l’on voit apparaître les premières mentions de “bains” dans les textes. Les appellations étaient variées : mov, movnitsa, milnaya, vlashaya ou banya. Lors de grandes occasions – avant une bataille, en cas de victoire, à l’occasion d’une naissance ou de la mort d’un ancêtre, lorsque l’on recevait des hôtes – la banya était toujours au rendez-vous.
Si l’on en croit les chroniques, c’est au Xème siècle que la banya a fait son apparition à Kiev. Ce
seraient les moines du monastère de la laure de Pechersk qui auraient construit les premières banya dans un but médicinal.
Que vous viviez en ville ou à la campagne, il en existait partout et pour tous les goûts. Bien évidemment rien ne peut remplacer l’expérience d’une banya de campagne l’hiver. Contrairement à ses “cousins” étrangers, la banya est toujours construite en bois, dans un style sobre et sans superflu. Elle prend la forme d’une cabane en bois située au fond du jardin. Pour des questions de sécurité, elle n’est jamais attenante à la maison principale. Composée de 3 pièces pour les plus traditionnelles, c’est un endroit où il fait bon vivre et où, l’humidité mélangée au bois de la cabane procure une délicate odeur vivifiante et saine. La banya russe se rapproche du sauna finlandais par ses rituels : les trois cycles chaud/froid et la convivialité dans le bain où chacun apporte quelque chose à partager. Mais ce qui caractérise les bains de vapeur russes c’est avant tout le système de chauffage : un poêle (kamienka) construit à pied d’oeuvre, avec un foyer fermé, des pierres à vapeur situées à l’intérieur du four pour permettre le supplément de vapeur, et un bac d’eau chaude. Contrairement au sauna scandinave dont les pierres sont chauffées à 200-300°c, celles du banya russe le sont à 800°C. La chaleur est à peine tenable pour les non-initiés. Les poêles de bains sont très complexes avec des labyrinthes de fumée, des  systèmes de régulation du tirage, des canaux pour la vapeur, le réchauffage de l’air sec. Ces poêles sont souvent en briques réfractaires et peuvent atteindre plus de 4 m de haut dans les grands bains de Moscou. Impressionnant !
Dernière particularité, il existe 2 types de banya : la banya noire et la banya blanche. Dans la première, la  fumée s’évacue par un simple trou dans le plafond. La fumée noircit ainsi les murs de la banya. Dans la banya blanche, le four possède un conduit qui évacue la fumée. La version russe du sauna est donc une version plus chaude et surtout beaucoup plus humide.
Comment cela fonctionne ?
Une banya russe possède en principe 3 espaces : le predbannik (vestiaire, table, samovar, banquette pour se relaxer…), le moechnaya (douches, bassin glacé, tables de massage), et enfin la parilka (l’étuve de vapeur : la banya à proprement parler).
La première pièce, le predbannik est un peu comme une pièce à vivre : on s’y détend, on s’hydrate (eau, thé, kvas, voire bière mais la vodka n’est guère recommandée !), bref on fait une petite pause entre 2 séances.
Avant l’étuve, se situe encore un petit espace : le moechnaya, pièce d’eau où l’on se lave, s’enduit le corps de diverses crèmes, se fait masser. On s’occupe ici de son corps. C’est ici également que se trouve le bassin d’eau glacée dans lequel on se précipite en sortant de la banya. Le moechanaya est la salle du grand nettoyage.
Enfin la banya au sens strict, la parilka : il y fait de 60°C à 90-100°C pour les gradins les plus élevés. Les gradins mesurent non le niveau social des “baigneurs” mais leur résistance à la chaleur ! N’oubliez pas de vous couvrir d’un petit chapeau en feutrine spécial banya qui protège vos cheveux de la chaleur (банная шапка). Dès que vous transpirez, c’est le moment d’utiliser le fameux vennik (équivalent russe du vytta finlandais). Il s’agit d’une sorte de balai composé traditionnellement de branches de bouleau (en Ukraine à la place du  bouleau, rare, on utilise le tilleul). Les feuillages sont cueillis au début de l’été, puis séchés, utilisés frais ou congelés. Les branches sont trempées dans de l’eau chaude pendant 15 minutes au moins avant utilisation pour en assouplir les feuilles. Alors, on se fouette vigoureusement mais lentement. Le but est de nettoyer et assouplir la peau et activer la sudation et la circulation du sang. Le rite du vennik est très codifié : il y aurait, paraît-il, trente façons différentes de se flageller ! C’est un véritable art. Le choix du bouleau, arbre sacré pour le folklore russe n’est pas innocent : il incarne l’axe du monde, la pureté, l’innocence et le printemps. Dans les temps anciens, on se fouettait pour chasser les mauvais esprits. Aujourd’hui, pour se fortifier le corps et l’esprit.
Les accros à la banya répètent jusqu’à 5 fois ces alternances chaud/froid en 2 heures, mais pour le commun des mortels la juste mesure est 3. Attention la banya n’est pas une course contre la montre. Pour les non-initiés, il n’est pas recommandé de rester plus de 3-4 minutes dans la parilka lors du 1er passage.
Maintenant vous voilà prêts pour l’expérience “banya”. Et comme on vous le dira très certainement à la fin de votre banya, с легким паром, (mot à mot «que votre suée soit légère») ! Pour ceux qui veulent tenter l’expérience à Kiev, voici quelques adresses. Elles n’ont pas toutes été testées, mais vous serez sûres d’y trouver une véritable русская баня, et non un de ces saunas finlandais qui pullulent maintenant à Kiev. Toutes ces banyas proposent également des massages et une restauration simple:
Mylna hata, yl. Verkhovinnaya 55, tel. 592 24 70 : 150uah à 200 uah/heure
selon le jour et l’horaire (réservation : 2h minimum). Espaces jusqu’à 10 ou
20 personnes. Plus d’informations sur le site http://www.mylna-hata.kiev.ua (en
russe)
Banya, yl. Voljckaya 33 : 130uah à 250 uah/heure
Et enfin une version un peu plus luxe
Slavic elixir, ul. Korostenckaya 10, tel. 229-54-85, 0(96) 372-43-83 :
1970uah/4 pers. Banya dans une maison en bois, décoration dans un esprit
“traditionnel”. Plus d’infos http://www.rusbanya.com.ua (site en russe et un peu
en anglais).
Pour mémoire : les sites en russe peuvent être opportunément traduits grâce à la barre d’outil de traduction « google ». http://translate.google.fr/translate_tools
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